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<journal-title>Geographica Helvetica</journal-title>
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<abbrev-journal-title abbrev-type="nlm-ta">Geogr. Helv.</abbrev-journal-title>
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<issn pub-type="epub">2194-8798</issn>
<publisher><publisher-name>Copernicus GmbH</publisher-name>
<publisher-loc>Göttingen, Germany</publisher-loc>
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      <article-id pub-id-type="doi">10.5194/gh-70-331-2015</article-id><title-group><article-title>Une ethnologue au Jardin des Plantes – <?xmltex \hack{\break}?> dix petits terrains</article-title>
      </title-group><?xmltex \runningtitle{Une ethnologue au Jardin des Plantes}?><?xmltex \runningauthor{J.~Salomon~Cavin}?>
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          <name><surname>Salomon Cavin</surname><given-names>J.</given-names></name>
          <email>joelle.salomoncavin@unil.ch</email>
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        <aff id="aff1"><institution>Institut de Géographie et Durabilité, Bât Geopolis,
Université de Lausanne, 1015 Lausanne, Switzerland</institution>
        </aff>
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      <author-notes><corresp id="corr1">J. Salomon Cavin (joelle.salomoncavin@unil.ch)</corresp></author-notes><pub-date><day>3</day><month>November</month><year>2015</year></pub-date>
      
      <volume>70</volume>
      <issue>4</issue>
      <fpage>331</fpage><lpage>332</lpage>
      
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<license-p>This work is licensed under a Creative Commons Attribution 3.0 Unported License. To view a copy of this license, visit <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/</ext-link></license-p>
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      <?xmltex \hack{\gdef\abstractexists{true}}?><?xmltex \hack{\gdef\introductionexists{true}}?><?xmltex \hack{\gdef\conclusionsexists{true}}?>
      <p><?xmltex \hack{\noindent}?><italic>Lizet, B: Une ethnologue au Jardin des Plantes – dix petits terrains, Éditions Petit Génie, Saint-Nazaire, France, 362 pp., EUR 27, ISBN-13: 979-10-93104-05-8, 2015.<?xmltex \hack{\\}?></italic>
<?xmltex \hack{\\}?><?xmltex \hack{\noindent}?>Bernadette Lizet est une ethnobotaniste. A la différence de beaucoup de
ses prédécesseurs, ou collègues actuels, ses terrains ne sont
pas exotiques mais extrêmement familiers, à commencer par son lieu
de travail: le Jardin des Plantes à Paris. Ethnologue “du proche et
de l'intime”, Bernadette Lizet s'intéresse aux plantes, aux animaux et
aux hommes qui se côtoient au sein de cette institution.</p>
      <p>Dans cet ouvrage, elle propose une rétrospective de son parcours
scientifique à travers huit textes publiés entre 1989 et 2014 et
deux textes inédits. Bernadette Lizet explique sa démarche en
introduction, dévoilant sa passion pour l'ethnobotanique et la chance de
la pratiquer au quotidien. Trois axes majeurs traversent son approche “<italic>les relations entre la nature et la société, la ville et le vivant, une ethnologie du proche et de l'intime</italic>” (p. 8).</p>
      <p>A l'instar de ces collègues  auxquels elle rend largement hommage,
Bernadette Lizet est une pionnière de l'ethnobotanique. Cette adepte des
sciences participatives et de l'observation participante a fait évoluer
son domaine, carrefour de disciplines, vers l'étude du vivant en ville.
“<italic>Sauvages dans la ville, de l'inventaire naturaliste à l'écologie urbaine</italic>”, ouvrage collectif qu'elle a publié avec Wolf et Cecilia en
1999 est une des premières références d'ampleur sur cette
question. Elle a participé au bouleversement accompli non seulement dans
la recherche sur la nature en ville mais également dans les pratiques
jardinières; dans le contexte idéologique de l'écologie et du
développement durable, ces dernières font désormais de “<italic>la friche paysagée</italic>” (Lizet, 2010), de la nature sauvage et des mauvaises
herbes, les nouveaux canons esthétiques.</p>
      <p>L'ouvrage se compose de trois parties. Sous la bannière
“<italic>Héritage</italic>” (première partie), trois des quatre  premiers articles du
recueil proposent une histoire de l'ethnobotanique à travers les
aventures intellectuelles singulières de ses précurseurs: Auguste
Chevalier, Jacques Barrau, Roland Portères et André Georges Haudricourt. Leurs parcours éclairent la longue transition de la
“<italic>chaire du Muséum des productions végétales d'origine coloniale</italic>” créée en 1929 vers le laboratoire d'ethnobotanique en
1963 (p. 105); Bernadette Lizet y esquisse des figures très
contrastées et hautes en couleur de savants qui vont fonder la
discipline par “<italic>la démonstration (…) que la plante ne peut pas être dissociée de l'analyse de la société dans son écosystème</italic>” (p. 139). Paul Jovet, collègue et ami de
l'auteure, occupe à l'évidence une place particulière au sein de
ces portraits. Pionnier de l'étude de la flore urbaine et théoricien
de l'adventice, ce botaniste fut l'un des premiers “<italic>à considérer les plates-bandes, les cours et les arrières cours (…) comme autant de territoires dignes d'intérêt</italic>” (p. 9). Loin des
canons naturalistes qui privilégient encore aujourd'hui la rareté et
les milieux épargnés par l'homme, Paul Jovet a apprécié
avant les autres les “<italic>milieux tripotés</italic>” (p. 95), et “<italic>la foule des banalités végétales – souvent cosmopolites</italic>” (p. 56). La ville,
la banlieue parisienne en particulier, a été son terrain de
prédilection et la défense de la nature sur le territoire
habité, son credo. Alors que les travaux d'inventaires et
d'études écologiques sur la faune et la flore qui vivent dans les
villes demeurent encore actuellement exceptionnels (Clergeau, 2010), Paul
Jovet a réalisé en 1926 le premier inventaire botanique à Paris
(Lizet et al., 1999).</p>
      <p>Dans le tout premier article du recueil publié dans <italic>Ethnographie française en 1989</italic>, l'auteure   narre depuis
le Second Empire la place traditionnellement peu enviable accordée aux
herbes folles et autres terrains vagues à Paris. Une telle perspective
historique permet de mieux apprécier le tournant qui commence alors
à se dessiner pour le sauvage en ville, à l'image de la friche
apprivoisée du paysagiste Gilles Clément (p. 62). L'histoire de la
friche de la Cour des comptes sise dans le Palais d'Orsay est un passage
particulièrement savoureux de ce bel article.</p>
      <p>Viennent ensuite les “<italic>Lieux</italic>” (2e partie). Dans “<italic>les Herbes folles du Jardin des Plantes</italic>”, l'auteure dévoile en détail son “terrain”
et en démontre le potentiel inépuisable pour l'enquête
ethnologique. Il s'agit d'un lieu à la fois extrêmement entretenu et
contrôlé mais suffisamment vaste et changeant pour laisser la place
à des développements naturels inattendus: “<italic>Le vent, la pluie, les oiseaux ou peut-être les enfants et les botanistes qui herborisent, passant outre les barrières, contribuent à disperser chacun à leur manière les graines et les semences</italic>” (p. 185). Ainsi, au-delà
de la nature très sage des allées à la française du
Muséum, Bernadette Lizet scrute, découvre, puis enquête, pour
comprendre l'irruption   de parcelles non planifiées de nature. Nombre
de témoins sont interrogés car “<italic>l'œil du botaniste, du jardinier-botaniste ou du simple curieux attentif au changement, repère ce qui s'installe et prolifère entre deux sarclages dans les parterres; il observe et interprète l'extension des pelouses qui s'ensauvagent par les bordures</italic>” (p. 184).</p>
      <p>La troisième et dernière partie rassemble des “<italic>Histoires</italic>” à
commencer par l'épopée de Rodolphe et Pélagie, couple
d'encombrants hippopotames dont le pedigree génétique incertain
empêche le placement dans un autre zoo. Cette histoire rocambolesque
entre Paris, Hanovre, Alger et Madrid, donne à comprendre “<italic>la montée d'une nouvelle échelle de valeurs (des animaux en captivité) suivant les critères de la génétique des populations</italic>” (p. 290). L'ouvrage se conclut par un texte inédit, les
balais, chronique des matériaux nécessaires aux travaux quotidiens.
On y apprend l'origine du “<italic>pique feuilles en tungstène (chinois) et micro vannerie de fil verte</italic>” dont la photo est reproduite en couverture de
l'ouvrage; rien moins que le “<italic>symbole d'un arrangement créatif entre les hommes et une nature profondément perturbée par le grand désordre planétaire</italic>” (p. 338). L'importance accordée à cet
outil caractérise parfaitement l'approche ethnographique
privilégiée par l'auteure: le repérage des objets ordinaires et
d'entrées minuscules “<italic>qui permettent de penser large</italic>” (p. 12).</p>
      <p>Le livre se conclut sur une riche bibliographie de vingt pages.</p>
      <p>J'ai aimé lire ce livre qui donne envie de scruter les petites choses qui
nous entourent. Bernadette Lizet porte un regard bienveillant et curieux sur
son environnement. A l'évidence, cette ethnobotaniste aime (nous)
raconter des histoires; des histoires de plantes, d'animaux, d'objets,
d'hommes et de femmes: chercheurs, soigneurs, jardiniers,
vétérinaires, amateurs, visiteurs; des acteurs dont on suit les
pérégrinations (voire les exhalations quand ils sont vivants) par
exemple dans “<italic>la chronique du jardin d'un naturaliste</italic>” (2e partie)
qui décrit de manière particulièrement savoureuse les joies et
les peines de la fine équipe qui reconstruit le jardin des herbes folles
de Paul Jovet dans un coin du muséum. La chronique est précise: “(…) <italic>le microcosme aquatique faillit bien ne jamais exister sous les deux érables sycomores, où s'échangèrent des propos plutôt vifs. (Mais, sans lui), nous n'aurions pas ressenti les petites joies de l'arrivée des deux poissons rouges en provenance de l'école botanique, bientôt rejoints par des clandestins (des collègues taxidermistes avaient rendu une liberté relative à leurs hôtes d'aquarium). Nous n'aurions pas non plus constaté la persistance du rite très ancien des piécettes offertes par les visiteurs au dieu des fontaines</italic>” (p. 235).</p>
      <p>L'écriture de Bernadette Lizet mobilise un vocabulaire naturaliste
savant qui voisine aisément avec des descriptions imagées de
natures: “<italic>Alignements impeccablement réglés, frondaisons bien toilettées, massifs savamment composés. La couleur et les rythmes naturels (le vert et le changement saisonnier) le cèdent à l'artifice horticole</italic>” (p. 19). Ce voisinage est particulièrement
réussi dans le “<italic>Maceron et la Mygale</italic>”; on y apprend par exemple
à apprécier “<italic>la petite pimprenelle au goût de concombre</italic>
(<italic>Poterium dictyocarpum</italic> Spach.)” sans trop abuser “<italic>du lierre terrestre</italic> (<italic>Glechoma hederacea</italic> L.), <italic>car cette petite Labiée des pelouses urbaines dégage sous la dent un arôme d'Eau de Cologne</italic>” (p. 311).</p>
      <p>Doit-on regretter la longueur de certains textes, amplement émaillés
de noms latins, et, parfois l'absence d'introduction ou de conclusion? Non,
à l'évidence. Pour le lecteur pressé, souvent peu de raccourcis
ou d'explicitations rapides. Si l'on veut parvenir à approcher le monde
complexe de la nature en ville, il faut sans aucun doute se laisser guider
par le récit déployé de l'ethnobotaniste.</p>

      
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    <title>Références</title>

      <ref id="bib1.bib1"><label>1</label><mixed-citation>
Clergeau, P.: “Ecologie urbaine et biodiversité”, in: Ecologies
urbaines, edited by:  Coutard, O., Economica, Paris, 154–183, 2010.</mixed-citation></ref>
      <ref id="bib1.bib2"><label>2</label><mixed-citation>
Lizet, B.: Du terrain vague à la friche paysagée, Ethnologie
française, 4,   40, 597–608, 2010.</mixed-citation></ref>
      <ref id="bib1.bib3"><label>3</label><mixed-citation>
Lizet, B., Wolf, A.-E, and Celicia, J. (Eds.): Sauvage dans la ville, de
l'inventaire naturaliste à l'écologie urbaine, Publications
scientifiques du Muséum d'Histoire naturelle,  Paris,  607 pp., 1999.</mixed-citation></ref>

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