Articles | Volume 77, issue 1
Geogr. Helv., 77, 97–119, 2022
https://doi.org/10.5194/gh-77-97-2022

Special issue: Geomorphology and society

Geogr. Helv., 77, 97–119, 2022
https://doi.org/10.5194/gh-77-97-2022

Standard article 11 Feb 2022

Standard article | 11 Feb 2022

Patrimoine géologique et géomorphologique : base pour le géotourisme et la création d'un géoparc UNESCO dans le Dahar (Sud-est tunisien)

Patrimoine géologique et géomorphologique : base pour le géotourisme et la création d'un géoparc UNESCO dans le Dahar (Sud-est tunisien)
Emmanuel Reynard1, Tarek Ben Fraj2, Aziza Ghram Messedi3, Hédi Ben Ouezdou3, Mohamed Ouaja4, and Yves Matthijs5 Emmanuel Reynard et al.
  • 1Institut de géographie et durabilité et Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne, Université de Lausanne, Ch. de l'Institut 18, 1967 Bramois, Suisse
  • 2Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université de Sousse, Sousse et Laboratoire CGMED, Université de Tunis, Tunis, Tunisie
  • 3Faculté des Sciences Humaines et Sociales et Laboratoire CGMED, Université de Tunis, Tunis, Tunisie
  • 4Faculté des Sciences, Université de Gabès, Gabès, Tunisie
  • 5Swisscontact, Tunis, Tunisie

Correspondence: Emmanuel Reynard (emmanuel.reynard@unil.ch)

Résumé

The presence of geoheritage of international value is the basis of any candidature as a UNESCO Global Geopark. Within the framework of the elaboration of a roadmap for the creation of a UNESCO Global Geopark in South-East Tunisia, a geological and geomorphological study was carried out. The selected geoheritage can be divided into two main families : palaeontological and sedimentological sites, which provide complete documentation of the opening of the southern Tethysian margin, from the Triassic to the Cretaceous, and geomorphological and landscape sites (cultural geomorphosites), which offer an exceptional range of adaptations of human societies to the morphoclimatic context. This analysis of the geoheritage is the basis for the implementation of a strategy of geoconservation, geotouristic enhancement and, ultimately, the creation of a geopark in the Djebel Dahar. It demonstrates the importance of the interrelationships between the cultural, tangible and intangible, heritage and the geomorphological context.

1 Introduction

La question des géoparcs a émergé au niveau international en 2000, avec la création du Réseau européen des géoparcs (European Geoparks Network, EGN) adossé à quatre espaces naturels protégés, la Réserve géologique de Haute-Provence en France, la Forêt pétrifiée de Lesbos en Grèce, le Parc naturel régional de Vulkaneifel en Allemagne et le Parc de Maestrazgo-Teruel en Espagne (McKeever et Zouros, 2005). Dès 2001, une convention est signée entre l'EGN et la Division Géosciences de l'UNESCO, puis en 2004, 17 géoparcs européens et 8 géoparcs chinois créent le Réseau mondial des géoparcs (Global Geoparks Network, GGN) sous les auspices de l'UNESCO (Brilha, 2018). Finalement, le 17 novembre 2015, l'assemblée générale de l'UNESCO a adopté le Programme international pour les géosciences et les géoparcs (PIGG), qui comprend deux activités : (i) le programme international des géosciences (PICG) existant depuis les années 1970; (ii) les géoparcs mondiaux UNESCO. En décembre 2021, on dénombre 169 géoparcs mondiaux UNESCO, répartis dans 44 pays, dont seulement deux sont situés sur le continent africain : le géoparc du M'Goun, au Maroc (depuis 2014), et le géoparc de Ngorongoro Lengai, en Tanzanie (depuis 2018).

En Tunisie, les recherches géopatrimoniales restent encore relativement limitées et le pays ne dispose pas d'un inventaire national du géopatrimoine. Les processus de valorisation du patrimoine géologique ont débuté à la fin des années 1990 par une série de réflexions menées au sein de l'Office National des Mines (ONM) sur les potentialités touristiques des géosites tunisiens, notamment dans la région du Sud-est (Ouaja, 2001), et sur les possibilités de création d'un ou de plusieurs géoparcs sur le territoire tunisien (Bouchard et al., 2008). A la suite de la Déclaration de la Mémoire de la Terre de Digne en 1991 (Martini, 1994), un projet de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine géologique a été programmé par l'ONM et, pour sensibiliser le large public à l'importance de ce patrimoine, deux associations ont été créées : l'Association des Amis de la Mémoire de la Terre (AAMT) en 2000, puis l'Association de la Mémoire de la Terre de Tunisie en 2012; en 2000 également est ouvert le Musée de la Mémoire de la Terre de Tataouine et l'ONM organise son premier colloque scientifique sur le patrimoine géologique. Six éditions ont eu lieu à ce jour. Parallèlement, quelques études géopatrimoniales régionales ont été réalisées, par exemple dans la région de Tozeur (De Waele et al., 2005; Gasmi et al., 2016) ou El Kef (Ben Haj Ali et al., 2015). Les interrelations entre patrimoine géomorphologique et culturel ont également fait l'objet de quelques travaux (Ben Ouezdou, 2001; Bouckhchim et al., 2018).

En 2014, l'ONM a entamé une démarche pour la création d'un géoparc, avec une focalisation sur le Sud-est du pays, caractérisé par un patrimoine paléontologique particulièrement riche. En 2016, un mandat a été donné par l'ONM à la Fondation Swisscontact afin d'établir une feuille de route pour la création d'un géoparc. Cette étude a été financée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) de la Confédération suisse dans le cadre des efforts de développement de formes de tourisme alternatif dans le Sud tunisien, comme compléments au tourisme balnéaire et saharien (https://destinationdahar.com/, date du dernier accès : 8 décembre 2021). La recherche a été confiée à un groupe de chercheurs des universités de Tunis, Gabès et Sousse, de l'Institut des régions arides (IRA) de Médenine et de l'Université de Lausanne, chapeautés par la Fondation Swisscontact.

Cette étude comprenait plusieurs volets : (i) un état des lieux géologique, géographique, socio-économique et patrimonial de la région du Dahar (Fig. 1) qui devait préciser le contexte territorial et les conditions sociologiques de la région dans laquelle le géoparc pourrait être implanté; (ii) la définition d'un périmètre potentiel du géoparc et une analyse du patrimoine géologique et géomorphologique à l'intérieur de ce périmètre, assortie d'une étude des potentialités géotouristiques de ce patrimoine; (iii) l'établissement d'une feuille de route pour la création du géoparc tenant compte des attentes de l'UNESCO et des conditions locales. L'étude a fait l'objet de deux restitutions à Médenine et à Tunis, en février et juillet 2018, et l'équipe de recherche a rendu son rapport en mai 2018 (Reynard et al., 2018). Depuis 2019, l'ONM développe le projet de géoparc dans le Sud-est tunisien en collaboration avec différents partenaires italiens, dans le cadre du projet GEO MED GIS (https://www.dahargmg.info, date du dernier accès : 8 décembre 2021).

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f01

Figure 1Localisation et grands traits du relief du Dahar. F1 – Faille de Tegaba; F2 – Faille de Zemlet el Ghar; F3 – Faille de Briga.

Cet article rend compte de l'analyse du patrimoine géologique et géomorphologique du Djebel Dahar – volets (i) et (ii) de l'étude mandatée par l'ONM; Reynard et al., 2018. Après un bref retour sur le géopatrimoine comme base pour les géoparcs mondiaux UNESCO et pour le géotourisme, nous présentons le contexte géographique et géologique du Djebel Dahar, un élément de la plateforme saharienne, avant de discuter du périmètre potentiel du géoparc. Puis, nous proposons une liste préliminaire de géosites mettant en évidence la richesse et la valeur internationale du géopatrimoine de la région d'étude. Enfin, nous discutons du potentiel de développement géotouristique découlant de cette richesse territoriale. L'article ne traite pas des jeux d'acteurs dans la création du géoparc, ni de l'analyse des conditions locales, du soutien des communautés locales, ainsi que des conditions institutionnelles pour la mise en œuvre du projet de géoparc. Comme le titre l'annonce, il se focalise uniquement sur l'étude du patrimoine géologique et géomorphologique comme base pour la création d'un géoparc.

2 Géopatrimoines, géoparcs et géotourisme

La recherche sur les géopatrimoines, qui regroupent autant les éléments géologiques patrimoniaux ex situ (les collections réunies dans des musées) que le patrimoine géologique et géomorphologique in situ (les géosites et les géomorphosites) a fortement progressé au cours des deux dernières décennies (Reynard et al., 2009; Reynard and Coratza, 2013; Reynard and Brilha, 2018). Cela s'est traduit par la prise en compte, quoique tardive (Crofts, 2018), de la composante géopatrimoniale par les institutions internationales en charge de la protection de la nature, telles que l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (Crofts and Gordon, 2015; Crofts et al., 2020) et l'UNESCO (Brilha, 2018; Canesin et al., 2020).

L'UNESCO considère les géoparcs mondiaux UNESCO comme «des espaces géographiques unifiés, où les sites et paysages de portée géologique internationale sont gérés selon un concept général de protection, d'éducation et de développement durable. […] Ils valorisent les richesses géologiques des sites en lien avec tous les autres aspects de leur patrimoine naturel et culturel, en vue d'améliorer la prise de conscience et la compréhension d'enjeux de société importants sur la planète dynamique qui est la nôtre» (UNESCO, 2015). L'évaluation de l'importance géologique internationale n'est pas fondée sur des critères précis (Brilha, 2018), si ce n'est sur «une évaluation comparative mondiale fondée sur des travaux de recherche portant sur des sites géologiques de l'espace concerné publiés et examinés par des pairs» (UNESCO, 2015). Pour ce qui concerne le patrimoine géologique, toute candidature doit (i) décrire la géologie générale du géoparc candidat; (ii) proposer une liste et une description des géosites; (iii) détailler l'intérêt de ces sites selon leur portée internationale, nationale, régionale ou locale; (iv) proposer une liste et décrire les autres sites qui ont un intérêt patrimonial naturel, culturel et immatériel, préciser de quelle façon ils sont liés aux sites géologiques et comment ils sont intégrés dans le géoparc candidat (UNESCO, 2015). Le dossier de candidature doit également mener une analyse des pressions de toute nature, actuelles et futures, sur les géopatrimoines, sur leur degré de protection et sur la stratégie de géoconservation prévue.

Le géotourisme peut être considéré comme une forme de tourisme à l'interface entre le tourisme culturel et le tourisme de nature (Pralong, 2006), qui vise à faire découvrir les spécificités géologiques et géomorphologiques d'une région (Hose, 2000, 2012; Dowling and Newsome, 2006). Bien que la découverte touristique des composantes géologiques du territoire ait une longue histoire remontant au XVIIIe siècle (Hose, 2016), le géotourisme a vécu un développement accéléré surtout au cours des deux dernières décennies (Dowling and Newsome, 2006; Sadry, 2021).

3 Contexte géographique et géologique du Dahar

3.1 Contexte géographique

3.1.1 Un faible poids démographique et une population mobile

Le Dahar se caractérise par son faible poids démographique par rapport au Sud-est et à la Tunisie. Les gouvernorats de Gabès, Médenine et Tataouine formant le Sud-est tunisien s'étendent sur 33 % de la superficie du pays et ne comptent que 9,13 % de sa population en 2014 soit 1 003 273 habitants (INS, 2014). La majorité de cette population (80 %) est concentrée dans les villes chefs-lieux des gouvernorats et les délégations littorales. Mis à part la ville de Tataouine, la population du Dahar ne dépasse pas 70 000 habitants, soit 7 % seulement de la population de tout le Sud-est tunisien. La délimitation proposée du géoparc du Dahar (cf. Sect. 3.3), dépassant le plateau pour s'étendre sur des parties de la plaine de la Jeffara et inclure des délégations littorales, fait augmenter considérablement la population du géoparc à 332 000 habitants (INS, 2014; Tableau 1).

Tableau 1Evolution du nombre d'habitants des délégations du géoparc du Dahar.

Source : Recensements de la population et de l'habitat de l'Institut National de la Statistique, 1984, 1994, 2004 et 2014 (* Le découpage administratif de ces délégations a changé à partir de 1994. Pour 1984, nous avons calculé les sommes du nombre d'habitants des secteurs qui formeront les nouvelles limites des délégations à partir de 1994 et avons indiqué le nombre d'habitants obtenu en italique).

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Tableau 2Soldes migratoires intérieur et avec l'étranger pour quelques délégations du Dahar (2009–2014).

Source : Recensement de l'INS de (2014).

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Le taux de croissance de la population du Sud-est a diminué, passant de 0,98 % pour la période 1994–2004 à 0,88 % pour la période 2004–2014. Dans la partie septentrionale du Dahar (Région de Matmata), le taux de croissance a enregistré des valeurs négatives, passant de -1,54 % pour la période 1994–2004 à -2,04 % pour la période 2004–2014 (INS, 1994–2014; Ben Fraj et al., 2019).

Cette diminution de la population s'explique par le solde migratoire négatif de l'ensemble du Sud-est qui est passé de −2700 en 1994 à −6800 en 2014. Trois délégations (Matmata, Beni Khedache et Ghomrassen) enregistrent des soldes négatifs avec le reste de la Tunisie et avec l'étranger. La délégation de Tataouine Sud enregistre un solde légèrement positif avec le reste de la Tunisie étant donné son rôle attractif pour la population rurale environnante, mais son solde avec l'étranger reste négatif (Tableau 2). Cette migration est masculine et individuelle. Ce constat est attesté par le faible taux de masculinité qui est passé de 88,19 hommes/100 femmes en 1994 à 84,86 en 2014 pour les secteurs qui forment le Dahar septentrional. Le secteur de Beni Issa par exemple a un taux de 68,10 alors que le taux national de masculinité est de 99,3 (INS, 1994–2014; Guillaume, 2009; Nasr, 2004; Ben Fraj et al., 2019).

3.1.2 Un climat aride contraignant

Le Dahar appartient à l'étage bioclimatique aride supérieur à hiver tempéré (Henia, 1993, 2008; Ferchichi, 1996; Abderrahmen, 2009). Les pluies à caractère torrentiel ont une moyenne annuelle inférieure à 200 mm et atteignent 220 mm sur les hauteurs de Kef Ennsoura; avec une grande variabilité selon les lieux et les années, les oueds ne sont en charge que quelques jours par année. Les moyennes annuelles des températures sont élevées et se situent autour de 19 C. La moyenne des maxima du mois le plus chaud (juillet) avoisine 36 C et celle du mois le plus froid (janvier) 8 C. Les maxima absolus peuvent varier entre 40 et 50 C à l'ombre. Les valeurs moyennes de l'évapotranspiration potentielle (ETP) oscillent entre 1400 et 1700 mm a−1. Les faibles précipitations, les températures élevées et l'ETP très forte déterminent un bilan hydrique climatique déficitaire avec des valeurs annuelles de −1300 mm (Fig. 2).

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f02

Figure 2Exemples de bilan hydrique climatique (Pluie/ETP) de Gabès (a) et diagramme ombrothermique de Tataouine (b) (modifiés d'après Henia, 2008 et https://fr.climate-data.org/location/27565/, date du dernier accès : 8 décembre 2021).

3.2 Contexte géologique et géomorphologique

3.2.1 La structure géologique

Le Sud-est de la Tunisie occupe la bordure nord-orientale de la plateforme saharienne. Celle-ci constitue le début du craton africain proprement dit et est bordée au nord par l'une des plus grandes et anciennes failles ayant affecté le continent africain, l'Accident Sud Atlasique (ASA), qui se développe sur environ 2000 km depuis Agadir au Maroc jusqu'au golfe de Gabès dans le Sud tunisien (Ben Ayed, 1986; Barrier et al., 1993; Raulin et al., 2011). Cet accident apparu il y a environ 300 millions d'années a permis la naissance et l'extension de l'océan fossile Téthys où se sont déposées les différentes formations géologiques du Sud-est de la Tunisie (Busson, 1967, 1972). Bien que réputée tectoniquement stable, la plateforme saharienne est affectée par des accidents profonds dont les trois principaux sont la faille de Tebaga (F1 sur la Fig. 1) qui longe le chaînon montagneux du même nom et qui s'est manifestée depuis la fin du Paléozoïque, la faille de Zemlet el Ghar au nord de la ville de Tataouine (F2) et la faille de Briga à une dizaine de kilomètres au nord de la ville de Remada (F3) (Ouaja, 2003). Ces failles orientées E–W sont à l'origine des importantes variations des faciès et des épaisseurs des couches géologiques observées tout au long des cuestas (Castany et De Lapparent, 1952; Busson, 1967; Bouaziz, 1986, 1995; Ben Ismail, 1991; Ouaja, 2003) qui forment le paysage géomorphologique du Dahar.

3.2.2 Les grandes unités lithostratigraphiques

Les séries stratigraphiques qui affleurent au niveau des fronts des cuestas du Dahar constituent une fenêtre unique sur le sous-sol de la plateforme saharienne (Aubert, 1891; Pervinquière, 1912; Busson, 1967; Tlig, 2015). L'histoire géologique de cette dernière est intimement liée à l'ouverture progressive de la mer téthysienne depuis la fin du Paléozoïque et aux fluctuations de ses eaux sur la plateforme durant le Mésozoïque (245 à 70 millions d'années). Bien marquées dans l'enregistrement sédimentaire, ces fluctuations de la Téthys ont été largement contrôlées par les manifestations tectoniques et les changements climatiques (Busson, 1967; Ben Ismail, 1991; Bouaziz et al., 2002; Courel et al., 2003; Ouaja, 2003; Bodin et al., 2010). Les affleurements sont subdivisés en plusieurs unités lithostratigraphiques qui constituent les marches d'une échelle incontournable pour remonter dans les temps géologiques et reconstituer l'histoire de la plateforme saharienne (Mejri et al., 2006).

Le Djebel Tebaga de Médenine (Fig. 3) constitue le plus ancien affleurement et le seul terrain du Paléozoïque de Tunisie. Découvert et cartographié au cours des années 1930 et 1940, cet affleurement est célèbre par la richesse et la diversité de son contenu paléontologique unique du Permien marin supérieur en Afrique (Douvillé et al., 1933; Solignac et al., 1934; Mathieu, 1940, 1949; Ciry et Mathieu, 1947). A côté des fossiles d'éponges, de coraux et de bryozoaires, on note l'abondance de restes de lys de mer ou crinoïdes, de brachiopodes, des couches à bellérophons, plusieurs espèces de fusulines, l'unique trilobite tunisien et l'un des derniers représentants de ce type d'arthropodes : Pseudophyllipsia azzouzi (Termier et Termier, 1955; Termier et al., 1977; Chaouachi, 1985; Khessibi, 1985; Verna et al., 2010). Il s'agit d'une série d'environ 500 m d'épaisseur, formée d'une succession de couches d'argiles, de grès et de carbonates fossilifères dans laquelle s'intercalent deux importantes barres massives de calcaire récifal avec un pendage de 30 vers le sud (Newell et al., 1976; Driggs, 1977; Chaouachi et al., 1988; Toomey, 1991). Cette structure de pli faillé est héritée de l'orogenèse hercynienne (Memmi et al., 1986; Mejri et al., 2006). Le sommet de la série paléozoïque du Djebel Tebaga montre une couche d'environ 200 m d'épaisseur de grès et d'argiles rouges qui marquent le passage du Permien au Trias (Kilani-Mazraoui et al., 1990).

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f03

Figure 3Carte lithostatigraphique de la zone pressentie pour constituer le Géoparc du Dahar et localisation des 29 géosites sélectionnés.

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f04

Figure 4Bloc diagramme illustrant l'organisation des terrains mésozoïques à travers les cuestas de Rehach, de Djebel Labiadh et de la région de Douiret (Taamallah, 2015). Voir la localisation du Jebel Rehach et de Douiret sur la Fig. 1. Les terrains du Jurassique et du Crétacé forment la cuesta principale (quadruple) et les couches du Trias forment une cuesta secondaire.

Les séries du Mésozoïque commencent par le Trias qui affleure principalement au niveau de la cuesta de Djebel Rehach (Fig. 4). Il débute par des grès à bois fossiles et argiles rouges avec quelques niveaux carbonatés indiquant la nature littorale du milieu de dépôt. Par la suite prend place le Trias carbonaté fossilifère renfermant les premières ammonites de la Téthys, les cératites, des nautiles, des myophories (bivalves fossiles du Trias) (Kamoun et al., 2001). A côté de cette riche faune d'invertébrés, ont été découverts dans le Trias carbonaté des restes vertébrés de nautosauriens et placodontes qui correspondent aux reptiles marins géants de la Téthys triasique. Le Trias évaporitique matérialise la mise en place de vastes systèmes de sebkhas occupant la bande côtière entre les eaux de la Téthys et les terres arides de la plateforme saharienne. Ces conditions extrêmes qui ont régné lors du passage Trias-Jurassique, un peu partout sur la surface de la planète, peuvent expliquer la crise de biodiversité qui marque la limite entre ces deux systèmes. Le Jurassique commence par la même série gypseuse pouvant atteindre 1000 m d'épaisseur, ce qui en fait l'une des plus importantes séries gypseuses connues sur le globe (Ben Ismail and M'rabet, 1990; Ben Ismail, 1991; Courel et al., 2003). Les séries du Jurassique moyen et du début du Jurassique supérieur sont constituées par des alternances de sables, de marnes, de calcaire massif récifal à éponges et coraux et de calcaires qui ont livré une faune riche et diversifiée d'invertébrés marins (Peybernès et al., 1985; Kamoun et al., 1987; Mette, 1997). Plusieurs niveaux à influence continentale renferment des restes de végétaux (Barale et al., 2000, 2007) et de vertébrés (Srarfi et al., 2004) et dans certains cas des traces de pattes de dinosaures (Contessi and Fanti, 2012). Les séries du Jurassique supérieur-Crétacé inférieur sont formées de grès, d'argiles et de dolomies. De nombreux gisements à restes de vertébrés dinosauriens, crocodiles, tortues et poissons (De Lapparent, 1951, 1960; Taquet, 1980; Bouaziz et al., 1988; Benton et al., 2000; Buffetaut and Ouaja, 2002; Cuny et al., 2004; Srarfi, 2006; Contessi, 2013; Fanti et al., 2012, 2013, 2014; Dridi, 2018) et à restes de plantes conifères et fougères sont préservés en volume et en empreintes (Barale, 1999; Barale et al., 1997, 1998, 2000, 2007; Barale et Ouaja, 2001, 2002; Ouaja et al., 2002, 2004, 2011) en plus de moules de brachiopodes, de lamellibranches et gastéropodes (Ouaja, 2003; Taamallah, 2015). Le Crétacé supérieur est constitué d'une série de dolomie massive, de calcaire fossilifère, d'alternances de dolomies crayeuses, de marnes et de gypses, d'environ 500 m d'épaisseur, qui matérialise les derniers sédiments marins déposés sur la plateforme saharienne lors de la plus vaste extension de la Téthys (Grosheny et al., 2013). Au niveau de Djebel Tebaga et de Kef Ennsoura, les séries de calcaire de l'Albien supérieur (Vraconien), couvertes par le Cénomanien et le Turonien, surmontent directement les séries du Permien suivant une discordance angulaire spectaculaire (Mathieu, 1949; Ben Youssef et al., 1985). L'expression morphologique de cette discordance est la rencontre entre le crêt de Djebel Tebaga et la cuesta de Kef Ennsoura (Ben Fraj et al., 2019), formant un paysage géomorphologique rare.

Au cours du Cénozoïque, suite au retrait définitif de la mer et au soulèvement de la plateforme saharienne, le Dahar a été exposé aux processus d'érosion et de sédimentation continentale qui ont façonné ses paysages. C'est principalement dans la plaine de la Jeffara que s'étendent les dépôts du Néogène, couvrant les dépôts du Paléogène, tous issus de la destruction des séries du Paléozoïque et du Mésozoïque (Bouaziz, 1995; Zouari et al., 1996; Ben Fraj, 2012a).

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Figure 5Coupes synthétiques simplifiées des formes structurales (a) et des héritages quaternaires en terrasses (b) dans les vallées du Dahar. (a) 1 – Alternances de calcaires et argiles du Jurassique; 2 – Grès du Crétacé inférieur (Albien); 3 – Calcaires dolomitiques du Crétacé inférieur/supérieur (Vraconien); 4 – Alternances de calcaires, dolomies, marnes et gypses du Crétacé supérieur (Cénomanien); 5 – Dolomies à rognons de silex du Crétacé supérieur (Turonien); CP – Cuesta principale; CS – Cuesta secondaire; c – Corniche; r – Ressaut structural; (b) 1 – (rappel) Alternances de calcaires et argiles du Jurassique; Q – Formes et formations quaternaires : Q1 – Première terrasse (Pléistocène inférieur) : conglomérat consolidé de petits blocs et galets d'environ 2 m d'épaisseur, scellé par une croûte calcaire disloquée en feuillets; Q2 – Deuxième terrasse (Pléistocène moyen/supérieur) : a – Conglomérat hétérométrique de blocs et galets peu émoussés, moyennement consolidé, à matrice sablo-limoneuse rougeâtre, englobant des lentilles sablo-limoneuses rougeâtres. Ce dépôt scellé par un poudingue très consolidé de 60 cm d'épaisseur en moyenne contient des silex taillés du Paléolithique moyen. b – Limons rouges à roses, en partie éolien en partie fluviatiles, riches en concrétions calcaires et d'environ 2 m d'épaisseur. L'ensemble est scellé par une croûte calcaire de 10 cm d'épaisseur. c – Limons rouges à rouge clair d'origine éolienne, riches en concrétions calcaires et scellés par une croûte calcaire mince de 2 cm d'épaisseur. d – Limons beiges d'origine éolienne contenant des concrétions calcaires. Q3 – Troisième terrasse (Holocène inférieur) : dépôt hétérométrique de blocs (30 cm) et galets à matrice sablo-limoneuse rose. Friable, il peut être légèrement induré au sommet. Q4 – Quatrième terrasse (Holocène moyen/supérieur) : dépôt de limons à concrétions calcaires, rouge à rose, contenant des passages grossiers de galets et petits blocs. Q5 – Cinquième terrasse (Holocène supérieur/historique) : dépôt grossier meuble à matrice sablo-limoneuse rouge.

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3.2.3 Un paysage de cuestas

Le Dahar est l'un des plus importants ensembles de reliefs qui forment le Sud-est de la Tunisie. D'abord appelé Djebel Matmata, dans sa partie septentrionale, le Dahar prend l'appellation de Djebel Demmer à partir de la région de Beni Khedache et Djebel Labiadh dans la région de Tataouine. Vers l'est, il domine la plaine littorale de la Jeffara et la plaine d'El Ouaara par un puissant escarpement. Vers l'ouest, il s'ennoie progressivement sous les dunes du Grand Erg Oriental (Sahara). Le Dahar est formé par deux ou plusieurs plateaux étagés, alignés grossièrement NNW-SSE et culminant à 713 m à Kef Ennsoura. Ces plateaux correspondent à des cuestas taillées dans des binômes de couches géologiques compétentes (calcaires et dolomies) surmontant des alternances dominées par des couches tendres (argiles, marnes, grès, gypses, etc.) datant du Trias, du Jurassique et du Crétacé, légèrement inclinées vers l'ouest. Dans la partie méridionale, une cuesta quadruple, dédoublée au sud de Tataouine, à l'ouest de Djebel Abiadh, forme un paysage géomorphologique spécifique (région de Douiret). Devancées par plusieurs buttes-témoins, lanières et petits chaînons tel que le Djebel Tebaga de Médenine (320 m), ces cuestas sont disséquées et séparées par un réseau hydrographique hiérarchisé et enchevêtré. Les vallées sont tantôt étroites et compactes, prenant la forme de canyons, tantôt larges et aérées prenant l'aspect de cuvettes. L'écoulement temporaire s'organise en bassins versants de tailles variables. Les oueds coulent principalement en direction de l'ouest pour atteindre les premières dunes du Grand Erg Oriental et sont appelés localement «Dahari», ou en direction de l'est pour atteindre la mer ou les sebkhas et sont appelés «Jeffari» (Ben Fraj et al., 2019).

3.2.4 Les spécificités du paysage géomorphologique

Le paysage géomorphologique actuel est le résultat d'une longue évolution qui a été commandée, à partir du Tertiaire et tout au long du Quaternaire, par les processus morphogéniques liés aux fluctuations du climat et qui ont mis en place un riche héritage de modelés et dépôts quaternaires. Alors qu'au niveau des piémonts s'étendent les glacis et les cônes de déjection, un système de terrasses a été élaboré dans les vallées (Fig. 5b). Le comblement partiel de ces vallées et des cuvettes par les dépôts de sables fins (lœss) est parmi les plus importantes actions morphogéniques quaternaires (Regaya, 1985; Ben Ouezdou, 1986; Ballais et al., 1988; Coudé-Gaussen, 1989; Ben Fraj, 2012a, b; Ben Fraj et al., 2019) (Fig. 6).

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f06

Figure 6Coupe synthétique dans les dépôts éoliens des vallées et cuvettes. 1 – Dolomies massives à rognons de silex du Crétacé supérieur (Turonien); 2 – Calcaires et marnes du Crétacé supérieur (Sénonien); Q – Formes et formations du Quaternaire où dominent les limons éoliens : Q1 – Conglomérat hétérométrique de galets et blocs anguleux, à matrice sablo-limoneuse beige, scellé par un poudingue. Le dépôt contient des pièces lithiques du Paléolithique moyen; Q2 – Dépôt de limons beiges d'origine éolienne très riches en concrétions calcaires; Q3 – Croûte calcaire feuilletée, épaisseur 10 cm; Q4 – Dépôt de limons beiges, très riches en concrétions calcaires; Q5 – Dépôt de limons à concrétions calcaires sous la forme d'un horizon rouge; Q6 – Dépôt de limons beiges à concrétions calcaires, épaisseur moyenne 3 m; Q7 – Deuxième niveau de dépôt de limons sous la forme d'un horizon rouge; Q8 – Dépôt de limons beiges à concrétions calcaires, épaisseur moyenne 1 m; Q9 – Limons roses d'origine éolienne, peu compacts et à concrétions calcaires. La surface du dépôt Q9 surmontant le Q1 est jonchée de pièces de silex taillé de l'Epipaléolithique/Néolithique; A – Cours actuel (oued).

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Ce paysage constitue un géopatrimoine d'une valeur importante aussi bien pour l'étude scientifique que pour la valorisation touristique. Ses composantes peuvent être qualifiées de sites géoculturels (Reynard and Giusti, 2018). En effet, dans le cas du Dahar, le patrimoine culturel matériel s'est constitué autour de trois éléments fortement liés à la géomorphologie (Louis, 1975; Zaied, 1992; Ben Ouezdou, 2001; Ben Ouezdou et Trousset, 2009; Boukhchim, 2011; Boukhchim et al., 2018; Reynard et al., 2018; Ben Fraj et al., 2019; Calianno et al., 2020). Le premier englobe les Ksour et les forteresses (Galaa) occupant les sommets des reliefs et indiquant une perception fine des nuances du relief par les communautés humaines. Le deuxième est formé des habitats troglodytes qui, qu'ils soient latéraux, accrochés aux fronts des cuestas et à leurs buttes-témoins, ou de profondeur, creusés dans les dépôts de sables fins qui comblent les vallées et les cuvettes, reflètent une parfaite appréhension et maîtrise du contexte morphoclimatique. Le troisième élément est la technique hydro-agricole des Jessour qui exploite des ravins et le stock sédimentaire important représenté par les dépôts de sables fins, ce qui a permis de pallier le bilan hydrique climatique largement déficitaire. Ces éléments illustrent un mode de vie qui a permis de maintenir un équilibre, certes fragile, entre les groupes humains et ce milieu naturel aride.

3.3 Proposition de délimitation du géoparc

La délimitation du géoparc s'est basée essentiellement sur les caractéristiques géologiques et géomorphologiques du Dahar. D'abord, les critères géologiques ont permis de délimiter une aire où sont représentées les différentes unités morphostructurales du Dahar (Fig. 3) ainsi qu'une partie de la plaine de la Jeffara. Cette délimitation a également pris en considération le spectre le plus large possible de temps géologiques, allant du plus ancien affleurement et seul terrain paléozoïque de Tunisie (chaînon du Djebel Tebaga de Médenine) aux dépôts pléistocènes et holocènes, et même aux processus actuels, sur le littoral du golfe de Gabès. Enfin, elle obéit à la répartition spatiale des 29 géosites retenus. Cette délimitation ne tient compte ni de critères politico-administratifs (limites de gouvernorats ou de délégations), ni de critères économiques, ni de la présence de sites patrimoniaux (non géologiques) ou touristiques. C'est dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route que le périmètre final du géoparc pourra être délimité en tenant compte notamment de critères socio-économiques et administratifs.

4 Inventaire des géopatrimoines

4.1 Méthodologie

Il existe de nombreuses méthodes d'évaluation des géopatrimoines (Mucivuna et al., 2019). Parce qu'elle inclut des critères scientifiques, pédagogiques et patrimoniaux et qu'elle a été développée spécifiquement pour une étude préliminaire des géopatrimoines à l'échelle régionale, nous avons repris partiellement celle développée dans le cadre du projet de Géotraversée du Jura (CalcEre, 2013) et suivi trois étapes principales : (i) identification de sites potentiels; (ii) présélection basée sur des critères d'intérêt géologique et patrimonial; (iii) établissement de fiches descriptives succinctes des sites. Il ne s'agit pas d'un inventaire exhaustif mais d'une liste de sites présentant un potentiel pour le géoparc.

Dans un premier temps, sur la base des connaissances de terrain des auteurs, de la consultation de documents cartographiques et bibliographiques et de travaux d'inventaire déjà réalisés dans le cadre du projet Destination Djebel Dahar (Ben Ouezdou et al., 2016), les sites potentiels ont été recensés et classés en différentes catégories : sites paléontologiques, sédimentologiques, géomorphologiques (géomorphosites), géoarchéologiques, paysagers, etc., pour un total de 80 sites. Les sites paysagers présentent une composante paysagère harmonieuse sans pour autant que celle-ci soit directement associée au contexte géologique et géomorphologique. Une fois les sites potentiels recensés, une présélection a été réalisée sur la base de critères d'intérêt, tant géologique (intérêt scientifique et pédagogique des sites) que patrimonial (intérêt paysager et environnemental, liens avec d'autres formes de patrimoine). Le critère déterminant a été la valeur scientifique des sites. Les sites retenus ont ensuite été décrits au moyen d'une fiche descriptive, comprenant six parties : (i) Données générales : numéro, nom (comprenant une indication sur le type de site et sur le lieu), valeur (en quatre catégories – universelle, régionale (région méditerranéenne), nationale, locale); (ii) Localisation et accès : coordonnées (latitude, longitude, altitude; pour les grands sites : centre du site), localisation (gouvernorat et délégation), conditions d'accès, extrait de carte; (iii) Photos; (iv) Description du site, en deux parties : une brève description et une description détaillée, focalisée sur l'intérêt scientifique, avec une mention des autres valeurs du site; (v) Niveau de protection et menaces; (vi) Références bibliographiques principales.

4.2 Sélection des géosites

Vingt-neuf géosites (Tableau 3; Fig. 7) ont été sélectionnés et classés en fonction de leurs valeurs scientifiques principales (centrales) autour desquelles se situent d'autres valeurs secondaires. Cette classification a permis de mettre l'accent sur l'intérêt scientifique et sur le potentiel géotouristique. Deux grands types de géosites dominent :

  • Les sites paléontologiques et sédimentologiques permettent une reconstitution et une «lecture» complète des paléoenvironnements et de la faune et flore associées à l'ouverture de la marge sud téthysienne, du Trias au Crétacé. Il s'agit là d'un patrimoine exceptionnel, unique à l'échelle de l'Afrique du Nord, et d'un intérêt scientifique et pédagogique majeur.

  • Les sites géomorphologiques et paysagers, formés surtout de reliefs structuraux de cuestas, offrent une gamme exceptionnelle de contextes géomorphologiques variés (cuestas, vallées, cuvettes) auxquels les sociétés se sont adaptées en développant des pratiques hydro-agricoles (Jessour) et architecturales (troglodytes, villages perchés, ksour) qui constituent aujourd'hui un patrimoine culturel de grande valeur. La combinaison des valeurs géomorphologique et culturelle fait de plusieurs sites tels que Chenini, Matmata ou Guermessa de parfaits exemples de sites géoculturels (Reynard and Giusti, 2018). Par ailleurs, nombre de sites géomorphologiques ont une valeur importante afin de reconstituer l'histoire des paléoenvironnements au cours du Quaternaire; tels sont les cas de Sebkhet Oum Ez-Zessar, de Matmata-Beni Issa ou d'Oued el Hallouf par exemple.

De nombreux sites cumulent plusieurs valeurs. Tous les sites, sans exception, ont une haute valeur paysagère et une valeur géomorphologique, qu'elle soit centrale ou secondaire. En effet, les sites paléontologiques et sédimentologiques sont tous situés dans des contextes géomorphologiques spécifiques, la plupart du temps des fronts de cuesta ou des versants d'oued, et présentent de ce fait un intérêt géomorphologique secondaire. Il en est de même de la valeur sédimentologique, puisque tous les sites paléontologiques sont situés dans des contextes sédimentaires spécifiques (intérêt secondaire) et la plupart des sites géomorphologiques sont sculptés dans des dépôts sédimentaires. Nombre de sites présentent également un intérêt paléogéographique certain car ils permettent de reconstituer l'histoire paléoenvironnementale tant ancienne (Mésozoïque) que récente (Quaternaire). Par contre, peu de sites présentent une valeur écologique (actuelle) particulière. Cela est dû au contexte climatique aride, peu favorable à la diversité des milieux écologiques. Seuls quatre sites ont permis, pour des raisons climatiques ou hydrologiques spécifiques, le développement d'une faune ou flore particulière. Il s'agit des sites de Kef Enssoura, Sebkhat Erg el Makhzen, Sebkhet Oum Ez-Zessar et Oued Dekouk. Les deux derniers sont les seuls sites protégés légalement (réserve naturelle d'Oued Dekouk, sites Ramsar de Sebkhet Oum Ez-Zessar et d'Oued Dekouk). Onze sites ne présentent pas d'intérêt culturel particulier; les autres sites cumulent en général plusieurs intérêts culturels, tant matériel (architectural en particulier) qu'immatériel.

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f07

Figure 7Variétés de paysages et de la géodiversité à travers quelques sites sélectionnés du géoparc. (a) Géosite no. 1 : marais maritimes formant le site Ramsar de Sebkhet Oum Ez-Zessar, lieu attractif pour les ornithologues (photo : T. Ben Fraj); (b) Géosite no. 3 : cuvette de Matmata partiellement comblée de dépôts de lœss quaternaires (photo : T. Ben Fraj); (c) Géosite no. 6 : Village de Toujène accroché au front d'une cuesta (photo : T. Ben Fraj); (d) Géosite no. 15 : Vue générale du Ksar Mrabtine et ses composantes dans leur contexte paysager de cuesta double à l'arrière-plan (photo : T. Ben Fraj); (e) Géosite no. 14 : Vue générale sur le front de la cuesta devancé par la butte de Ras el Motmana et l'avant-butte d'Errbiba (photo : T. Ben Fraj); (f) Géosite no. 16 : Vue générale de la vallée de Chenini et de la butte portant le village et le Ksar-citadelle (photo : H. Ben Ouezdou); (g) Géosite no. 21 : Paysage «lunaire» exceptionnel du site de Sebkhat Erg el Makhzen (photo : H. Ben Ouezdou); (h) Géosite no. 28 : Bois fossiles à Djebel Itime (photo : M. Ouaja).

https://gh.copernicus.org/articles/77/97/2022/gh-77-97-2022-f08

Figure 8Limites du géoparc et localisation des 29 géosites pressentis et leur valeur scientifique.

Tableau 3Classification des géosites selon leurs valeurs scientifiques principales (en gras) et secondaires, leur intérêt et potentiel géotouristique (voir Sect. 4.4) et leur valeur générale (Reynard et al., 2018). Pour la localisation des sites, voir la Fig. 3.

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4.3 Importance scientifique

Les valeurs scientifiques centrales et secondaires des géosites sélectionnés ont permis de classer les sites de manière qualitative en quatre catégories en fonction de leur valeur : (i) universelle; (ii) régionale (région méditerranéenne); (iii) nationale (à l'échelle de la Tunisie); (iv) locale (à l'échelle du Dahar et du Sud-est tunisien) (Tableau 3; Fig. 8).

Six sites ont une valeur universelle (géosites de portée internationale au sens de l'UNESCO). Deux sites sont des zones humides (sites Ramsar), reconnues au niveau international. Dans les deux cas, il s'agit de sites pour lesquels la haute valeur écologique est étroitement dépendante du contexte géomorphologique : sebkha et marais maritimes dans le cas de Sebkhet Oum Ez-Zessar, oued et dépression fermée dans le cas de l'Oued Dekouk. Les quatre autres géosites de valeur universelle touchent aux principales caractéristiques géologiques du Dahar. La cuvette intramontagneuse de Matmata-Beni Issa est à la fois un site à haute valeur paléoenvironnementale pour la reconstitution de l'histoire quaternaire régionale et un exemple parfait de site géoculturel, combinant une haute valeur géo(morpho)logique et paysagère et un patrimoine culturel (habitat troglodytique) de premier ordre (Boukhchim et al., 2018). Le site paléontologique et sédimentologique de Djebel Tebaga de Médenine est l'unique affleurement de Permien supérieur marin sur le continent africain; il est inclus dans la liste indicative de sites candidats au Patrimoine mondial soumise par la Tunisie (https://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/6087/, date du dernier accès : 8 décembre 2021). La cuesta et le village troglodytique berbère de Chenini sont représentatifs de l'adaptation des sociétés (village perché, habitat troglodytique, aménagement des vallées et ravins en jessour) au contexte morphoclimatique et géologique (Louis, 1975). Le fait que le village perché ne soit pas abandonné et sa valeur paléontologique (traces de pattes de dinosaures) lui donnent une importance internationale que n'ont pas les autres villages perchés et reliefs de cuesta recensés. De plus, le site présente une valeur spirituelle et mystique : Chenini est reconnu comme étant l'un des sites du pourtour méditerranéen supposé avoir abrité les Sept Dormants dans la théologie musulmane et chrétienne (Prevost, 2020). Tout comme la cuvette de Matmata-Beni Issa, ce site est un exemple très représentatif de site géoculturel. Finalement, la richesse des gisements fossilifères et la proposition d'un nouveau genre de Salviniaceae et de cinq espèces nouvelles font du site paléobotanique de Djebel Merbah el Asfer un site d'une valeur exceptionnelle, de niveau international (Kamoun, 1988; Barale et Ouaja, 2002; Barale, 2007; Tlig, 2015).

Les onze sites qui ont une valeur régionale (région méditerranéenne) sont essentiellement des reliefs structuraux de cuestas, associés à des habitats troglodytiques et/ou perchés (patrimoine géoculturel) et des sites paléontologiques et sédimentologiques. Ils permettent de mettre en évidence l'importance du Dahar tant pour l'étude paléoenvironnementale de la marge sud de la Téthys lors de son ouverture que pour l'étude géoculturelle de l'adaptation des sociétés méditerranéennes aux contraintes géomorphologiques et bioclimatiques du milieu. Les sites qui ont une valeur nationale sont au nombre de dix. Ils présentent des caractéristiques spécifiques, rares et représentatives en matière de géomorphologie, paléontologie et sédimentologie, ainsi que sur le plan paysager à l'échelle de la Tunisie. Seuls deux sites ont une valeur locale.

4.4 Potentiel géotouristique

Deux approches du géotourisme ont coexisté au niveau international au cours des dernières années (Newsome and Dowling, 2018) : la première, promue notamment par le National Geographic (Stueve et al., 2002), considère le géotourisme comme une forme de tourisme qui vise à promouvoir le caractère géographique d'une région (l'environnement, le patrimoine, les paysages, la culture, les traditions, etc.); la seconde, portée par des spécialistes des sciences de la Terre, restreint le géotourisme à la promotion de la connaissance de l'histoire géologique d'une région (Hose, 2000, 2012; Newsome and Dowling, 2010 notamment). La Déclaration d'Arouca (Arouca Declaration on Geotourism, 2011) a tenté de concilier les deux approches en proposant une définition à deux niveaux : le géotourisme est «un tourisme qui soutient et améliore l'identité d'un territoire, en prenant en compte sa géologie, son environnement, sa culture, ses valeurs esthétiques, son patrimoine et le bien-être de ses résidents. Le tourisme géologique est l'une des diverses composantes du géotourisme» (voir aussi Hobléa et al., 2020). Plus récemment, des travaux ont insisté sur le fait que les géopatrimoines peuvent constituer des ressources territoriales, notamment à travers la valorisation géotouristique (Bétard et al., 2017). Dans cette recherche, à la suite de Hobléa et al. (2020 :56), nous parlons de tourisme géologique pour le tourisme de découverte des sites sédimentologiques et paléontologiques, pratiqué surtout par des scientifiques et des passionnés de sciences de la Terre, de tourisme géoculturel pour la découverte des sites culturels en interaction avec leur contexte géomorphologique, pratiqué par des visiteurs intéressés à la culture au sens large, et de géotourisme intégré, lorsque les deux formes de découverte touristique sont combinées. Nous répondons ainsi à la nécessité de tenir compte de publics diversifiés du géotourisme (Martin, 2013, 2020, par exemple).

Sur cette base, les 29 géosites ont été classés en quatre catégories pour leur potentiel géotouristique (Tableau 3) :

  • 9 sites ont un potentiel pour le tourisme géologique : ces géosites permettent la découverte de l'histoire des paléoenvironnements de la marge sud de la Téthys et s'adressent prioritairement à un public de spécialistes (chercheurs), d'étudiants et de touristes intéressés spécifiquement à la découverte des sites géologiques;

  • 5 sites ont un potentiel pour le tourisme géoculturel : ces géosites permettent d'appréhender les liens entre le contexte géo(morpho)logique et le patrimoine culturel (archéologique, architectural, historique et/ou immatériel) et paysager. Ils touchent un public intéressé à la découverte des territoires, des traditions et des paysages, qui constitue le public-cible du projet «Destination Djebel Dahar»;

  • 13 sites ont un potentiel pour le géotourisme intégré : cumulant des intérêts scientifiques (sédimentologiques/paléontologiques et/ou géomorphologiques), culturels (patrimoine archéologique, architectural, historique et/ou immatériel) et paysagers, ces sites s'adressent aux deux publics;

  • enfin, deux sites ont un potentiel pour l'écotourisme : il s'agit des deux sites Ramsar qui permettent une découverte d'écosystèmes de milieux humides et de leurs interrelations avec le contexte géologique et géomorphologique (sebkhas et marais maritime dans le premier cas, sebkhas et dunes dans le second).

Cette classification montre le grand potentiel géotouristique du géoparc. Les géosites sélectionnés sont aptes à attirer non seulement un public de niche, intéressé aux sciences de la Terre, mais également un public plus large, friand de découverte des territoires, de leurs patrimoines et de leurs paysages.

5 Discussion

5.1 Un patrimoine géomorphologique exceptionnel

La présentation du contexte géographique et géologique (Sect. 3) et des caractéristiques des géosites retenus comme base pour la création d'un géoparc dans le Dahar (Sect. 4) a permis de mettre en évidence les deux piliers géopatrimoniaux du géoparc : d'une part les sites sédimentologiques/paléontologiques qui permettent de documenter l'ouverture de la marge sud de la Téthys du Trias au Crétacé; d'autre part les sites géomorphologiques, intégrés dans un paysage de cuestas qui a permis le développement de toute une série de formes d'adaptation des sociétés au cadre morphoclimatique et morphostructural régional. Les villages perchés, les jessour ou les habitats troglodytiques ne peuvent pas s'expliquer sans une bonne compréhension du contexte géomorphologique. Ils constituent ainsi de parfaits exemples de sites géoculturels (Reynard and Giusti, 2018).

Il faut relever que l'adaptation aux conditions morphoclimatiques et morphostructurales est multiple. Les ksour ont une valeur à la fois défensive et de greniers; ils sont généralement situés en hauteur, sur les fronts de cuesta, ce qui favorise leur fonction défensive. Il en est de même des villages perchés. Quant aux habitats troglodytiques, ils ont une origine climatique (protection contre les chaleurs estivales) et ont mis à profit le contexte géomorphologique (Ben Ouezdou, 2001; Boukhchim et al., 2018) : deux systèmes coexistent, l'un par creusement latéral dans les couches tendres en front de cuesta (Guermessa par exemple), l'autre par creusement vertical dans les remplissages éoliens des cuvettes occupant les revers de cuesta (Haddej, cuvette de Matmata-Beni Issa). Finalement, les jessour (Bonvallot, 1986; Ben Ouezdou, 2001) constituent des systèmes hydro-agricoles de gestion équilibrée des écoulements, de l'érosion et des transferts sédimentaires le long des ravins et des oueds. Ils amènent une réelle plus-value en termes d'humidité du sol (Calianno et al., 2020), ce qui a permis de décaler vers le sud les limites écologiques de l'olivier notamment. La concentration de ces formes multiples d'adaptation au contexte géomorphologique et climatique dans cet espace restreint constitue un patrimoine culturel exceptionnel.

La qualité de ce patrimoine a été à la base du développement d'une offre de tourisme culturel (https://destinationdahar.com/, date du dernier accès : 8 décembre 2021), initiée par la fondation Swisscontact et gérée actuellement par une association locale, la Fédération Tourisme Authentique Destination Dahar (FTADD). Cette dernière regroupe les prestataires touristiques de la région afin de proposer une offre touristique unifiée valorisant les multiples facettes du patrimoine régional, en suivant une charte de qualité.

5.2 Un géotourisme à développer et des études complémentaires à réaliser

Le fait que ce patrimoine culturel soit si imbriqué dans les formes du relief (Ben Ouezdou et al., 2016) et suite aux différentes recherches (Ben Ouezdou et al., 2016; Reynard et al., 2018) menées sous l'égide de Swisscontact, une offre géotouristique spécifique – GéoTourisme Dahar (https://geotourisme-dahar.com/, date du dernier accès : 8 décembre 2021) – a été mise sur pied. Ce site internet met en exergue les 29 géosites présentés dans cet article, ainsi que les différentes formes de patrimoine culturel. Il propose également différents produits géotouristiques (musées, circuits). Le site ne se limite toutefois pas qu'à la composante touristique; il met à disposition toute une série de pages visant à mieux comprendre l'histoire géologique et la géographie du Dahar. En cela, il a clairement une visée éducative qui s'inscrit dans la perspective du géotourisme (Hose, 2012). Une section concerne spécifiquement le projet de géoparc du Dahar tel que proposé en 2018 (Reynard et al., 2018) et décrit dans cet article.

Toute récente, cette double proposition – le Dahar comme destination géotouristique et comme territoire potentiel pour un géoparc UNESCO – se heurte toutefois à une série d'enjeux et de difficultés que nous retraçons rapidement ici. L'étude préliminaire (Reynard et al., 2018) est loin d'être exhaustive et nécessite encore diverses études complémentaires afin de pouvoir constituer un dossier de candidature pour un géoparc UNESCO. Il s'agit d'abord de décrire les sites retenus en suivant une méthodologie éprouvée (voir Mucivuna et al., 2019) et de mener des études scientifiques complémentaires sur certains sites. Quant à l'étude géotouristique, elle est restée à l'état d'une simple analyse du potentiel géotouristique sur la base d'une typologie qualitative; il est nécessaire de compléter cette approche par un diagnostic plus précis mettant notamment en évidence les forces, faiblesses, opportunités et menaces pour chacun des sites retenus, comme cela a été fait sur les sites de Haddej (Matamata-Beni Issa) et Guermessa (Boukhchim et al., 2018). Troisièmement, une sélection des sites patrimoniaux culturels doit encore être établie; en effet, tous les sites culturels ne sont pas forcément liés aux géosites retenus. Par ailleurs, plusieurs sites doivent faire l'objet de travaux de réhabilitation par l'Institut National du Patrimoine, comme certains sites archéologiques, tels que Chenini. Un tel inventaire doit tenir compte des projets de classement des ksour comme Patrimoine national (Ghourabi et Anane, 2008), voire au Patrimoine mondial (https://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/6444/, date du dernier accès : 8 décembre 2021). Quatrièmement, il s'agit de mener une étude de type sociologique afin de mieux cerner la perception que les populations locales ont des projets géotouristiques et de la création d'un géoparc en particulier; la participation active des populations locales dans la mise sur pied d'un géoparc est en effet centrale et une initiative géoparc portée uniquement par des scientifiques et/ou des acteurs étatiques serait certainement vouée à l'échec (Babou, 2019; Tebaa et Boujrouf, 2019). Une telle étude devrait également préciser la durabilité (économique, sociale et environnementale) du projet de géoparc. Enfin, il s'agit de préciser la question foncière (Reynard et al., 2018 :116). Nombre de sites sont en effet situés sur des terres collectives gérées sur un mode traditionnel (parcours collectifs par exemple); la mise en place du géoparc doit en tenir compte, notamment lorsqu'il s'agira de protéger formellement certains sites. De même, plusieurs sites (troglodytes, ksour) contiennent des biens privés abandonnés, mais dont les titres de propriété existent toujours. Il s'agira de délimiter précisément chacun des géosites et là encore les questions foncières nécessiteront une attention particulière.

5.3 Une stratégie de géoconservation, de valorisation et de communication à développer

En parallèle à ces études complémentaires, il est nécessaire d'établir une stratégie claire de géoconservation et de valorisation géotouristique (Reynard et al., 2018). La protection effective du géopatrimoine est un prérequis pour tout projet de géoparc UNESCO. Or, la Tunisie n'a aucune loi de protection des géopatrimoines et la plupart des sites retenus (à l'exception des environs de Kef Ennsoura) ne bénéficient d'aucune protection légale. En termes de valorisation géotouristique, les travaux sont plus avancés grâce aux initiatives de l'Association de la Mémoire de la Terre et de la FTADD; elles doivent toutefois être complétées, notamment en ce qui concerne la formation de guides géotouristiques. Par ailleurs, l'importante migration masculine prive la région de main d'œuvre, ce qui accentue les risques de dégradation du patrimoine suite à l'abandon des jessour, des troglodytes et des ksour. En revanche, les retombées économiques de cette migration pourraient aider à la conservation et à l'entretien de ce patrimoine grâce à la prise de conscience de la valeur exceptionnelle du patrimoine régional, dans une dynamique de développement durable (Ben Fraj et al., 2019).

Par ailleurs, différents entretiens à l'échelon régional et auprès de certains ministères ainsi que la consultation de documents publiés dans les médias nous ont amenés à conclure qu'il existe un enjeu important de communication (Reynard et al., 2018 :118). De nombreux acteurs n'ont qu'une connaissance très partielle, et souvent biaisée, de ce qu'est un géoparc, y compris parmi les acteurs institutionnels. Cela entraîne une communication désordonnée, souvent partielle et parfois contradictoire. Un concept de communication unifié devrait être établi et mis en œuvre. Il s'agit finalement d'établir un modèle clair de gouvernance du projet de géoparc, incluant les acteurs locaux (Reynard et al., 2018).

6 Conclusion

Cet article a mis en évidence la qualité des géopatrimoines du Dahar et en particulier l'intérêt des sites géoculturels combinant un patrimoine géo(morpho)logique exceptionnel et un patrimoine culturel témoignant de formes ancestrales d'adaptation des sociétés au milieu. Ce patrimoine fait actuellement l'objet d'une série d'actions territoriales en vue de le valoriser dans un contexte touristique. L'étude a également permis de définir un espace cohérent pour la création d'un géoparc UNESCO dans le Sud-est tunisien, basé sur la présence de 29 géosites, et d'identifier six sites de valeur universelle, qui pourraient constituer le cœur de ce géoparc. Nous avons soulevé un certain nombre d'enjeux qui se rattachent à une double problématique : scientifique (la conservation et la promotion du géopatrimoine doivent s'appuyer sur un travail d'inventaire, qui n'a pas encore été mené à son terme) et de gouvernance. Sans nul doute qu'une mise en commun des résultats issus des différents projets scientifiques et géotouristiques, GEO MED GIS et GéoTourisme Dahar en particulier, et la création d'une structure de gouvernance permettraient de renforcer le développement des offres géotouristiques sur le territoire et la mise sur pied effective d'un géoparc candidat au réseau global des géoparcs de l'UNESCO. Ces différents travaux pourraient aussi aider à relancer le projet de loi de protection du patrimoine géologique à l'échelle nationale.

Disponibilité des données

Toutes les données sont disponibles dans le rapport de Reynard et al. (2018) et ses annexes.

Collaborateurs

La conceptualisation de la recherche a été faite par ER, HBO, TBF, AGM et YM; la récolte des données sur le terrain a été faite par HBO, TBF, MO et ER; le traitement des données a été réalisé par TBF, HBO, MO, ER et AGM; la cartographie a été réalisée par AGM; tous les co-auteurs ont participé à la discussion des résultats; ER a rédigé la première version de l'article; tous les co-auteurs ont relu et amendé cette première version et les différentes versions avant publication. ER a coordonné le travail d'édition.

Intérêts concurrents

Les auteurs déclarent qu'ils n'ont aucun conflit d'intérêts.

Clause de non-responsabilité

Publisher's note : Copernicus Publications remains neutral with regard to jurisdictional claims in published maps and institutional affiliations.

Remerciements

Cet article est tiré de l'étude pour l'élaboration d'une feuille de route pour la création d'un géoparc UNESCO dans le Sud-est tunisien menée en 2017 et 2018. Les auteurs remercient l'Office National des Mines (ONM), en particulier M. Nouri Hatira, directeur jusqu'en 2018, d'avoir initié le projet. Ils remercient les différents acteurs du territoire qui ont fourni des informations et partagé leur perception du projet de géoparc et adressent un merci particulier à M. Nouri Hatira pour la confiance témoignée et son soutien indéfectible au projet, à Amine Berriche (Swisscontact), pour son aide dans les missions de terrain et à Cecilia Chopin-Conilleau (Swisscontact) pour la coordination du projet. Nos remerciements vont finalement aux trois réviseurs (deux anonymes et Christian Giusti) pour leurs judicieuses remarques qui ont permis d'améliorer cet article et à Cristian Scapozza pour le suivi éditorial.

Financement

Cette recherche a été financée par le Secrétariat d'Etat à l'économie SECO, Confédération suisse, Suisse.

Contrôle par les pairs

This paper was edited by Cristian Scapozza and reviewed by three anonymous referees.

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Short summary
The study is a geomorphological analysis of Djebel Dahar, in south-eastern Tunisia, carried out as the basis for a UNESCO Global Geopark. We made a synthesis of the geographical, geological and geomorphological context of the area, proposed a delimitation for the future geopark, based on geological and geomorphological characteristics, and established a preliminary list of geosites, indicating their scientific value and their potential for geotourism.